Pays Cœur de Flandre – description

 

Le Pays du Cœur de Flandre avec environ 120 000 habitants peut-être considéré comme un « gros » pays dans le panorama des territoires organisés en pays en France. Mais, dans un contexte régional où la densité de population est particulièrement importante de part et d’autre de la frontière, on constate que son poids démographique est à relativiser, notamment au regard de la proximité des agglomérations dunkerquoise et lilloise.

 

Le pays représente :

*     3% de la population totale régionale

*     5,6% de la superficie totale régionale

 

Le pays équivaut à :

*     44% de la zone d’emploi de Dunkerque

*     10% des zones d’emploi Lille-Roubaix-Tourcoing

 

Décret n°2000-909 du 19 septembre 1999 :

Art 1er : les communes ou les groupements de communes qui prennent l’initiative de faire reconnaître un pays adressent au Préfet de Région, après en avoir informé les autres communes ou groupements de communes situées dans le périmètre proposé dudit pays, un dossier comprenant : un rapport justifiant le périmètre proposé et le nom et siège de la collectivité ou de l’organisme chargé de la coordination au cours de la procédure.

 

Annexe convention d’élaboration de la charte de Pays du Cœur de Flandre :

Art 1er : le comité de pilotage du pays de Cœur de Flandre est l’organe de suivi de la démarche de pays en Cœur de Flandre. En ce lieu informel de débats et d’échanges, seront prononcés les avis et validées les orientations pour ce qui concerne la construction du projet de pays…

Le pays cœur de Flandre : un territoire attractif avec quelques disparités internes

La zone Flandre-Lys est singulière dans la région pour sa forte croissance de population depuis les trois derniers recensements. Elle constitue le peloton de tête des zones d’emploi en matière de dynamisme démographique avec le Calaisis. Flandre-Lys est passée devant ce dernier lors du dernier recensement. Il est à noter que le taux d’évolution annuel de population (+0,42%) est très supérieur aux taux de l’ensemble des zones d’emploi régionales.

 

On constate cependant un léger tassement de la croissance démographique depuis 1990. En effet, le pays a connu une croissance forte de population entre 82 et 90 (+7391 habitants), bien que cette croissance se poursuive entre 1990 et 1999, celle-ci est moins prononcée (+4663 habitants).

 

Ce gain de population provient surtout de l’excédent des naissances sur les décès mais aussi d’un excédent apparent des entrées sur les sorties.

 

Les chiffres d’évolution de la population en Flandre Intérieure due au solde migratoire confirme le caractère attractif de la zone. On observe qu’il s’agit de la seule zone d’emploi dans ce cas en région Nord Pas-de-Calais. Cependant, il est à noter une baisse constante du solde naissance/décès.

 

La densité de population confirme le caractère attractif du Pays Cœur de Flandre, la densité de celui-ci s’est accrue depuis 1975 de plus de 12%, dans le même temps l’ensemble de la région a connu une croissance de densité d’environ 2%.

 

Ces indicateurs positifs sont à mettre en perspective avec le vieillissement progressif de la population en Flandre Intérieure. Toutefois il faut pondérer ce phénomène au regard du constat général du vieillissement de la population française. De plus, il faut souligner que la région Nord Pas-de-Calais présente la population la plus jeune du territoire national.

En ce qui concerne la population des moins de 20 ans en Flandre Intérieure, on observe une baisse de 2,6 points pour atteindre un niveau en 1999 comparable au reste de la Région. Par contre, pour la catégorie de population de plus de 60 ans, on observe une croissance, à l’instar de l’ensemble de la région, mais cette croissance est plus forte en Flandre intérieure (+1,5% entre 90 et 99) par rapport aux autres zones d’emplois.

Grandes unités paysagères : un paysage singulier aux variations subtiles

Vaste étendue soumise aux éléments, la terre des Flandres est un territoire sorti des eaux, cultivé et ardemment défendu des assaillants qui, à toutes les époques, la convoitèrent. Réputée pour sa platitude apparente, la Flandre révèle mille et une variations à qui sait les observer.

 

D’un point de vue géologique, le territoire est conditionné par des terrains tertiaires argilo-sableux de l’Eocène inférieur (il s’agit de l’Yprésien constitué d’argiles des Flandres et de sables de Mons en Pévèle). Au niveau des Monts de Flandres, les terrains datent du Bartonien et du Lutécien et sont constitués des sables des Monts de Flandres couronnés de calottes gréseuses épargnées par l’érosion.

 

Ainsi, le relief s’appréhende facilement : un « plateau » argileux sédimentaire surbaissés et jalonné d’une chaîne de petites collines (qui culminent au Monts des Cats à 164m). Puis vers le Nord, une plaine maritime plus récemment découverte par la mer et délimitée par les plissements du plateau intérieur.

 

Ces formations anciennes se traduisent fortement, dans le paysage, au travers de l’histoire de l’occupation humaine. En effet, malgré un défrichement systématique qui atténua progressivement les différences, Houtland et Blooteland se présentent encore comme les deux visages des Flandres actuelles.

L’houtland, ou pays du bois, à l’origine un mélange de terre, d’eau et d’arbres, était encore au tiers du siècle dernier recouvert d’un dense bocage dont on retrouve toujours par endroits l’ambiance d’îlots dispersés.

Le Blooteland, ou pays nu, issu d’un assemblage d’îlots dispersés, conquis sur les laisses de mer, reste encore ouvert à l’image de l’immensité des étendues marines.

a- la plaine de la lys

La plaine de la lys présente une certaine homogénéité. Il s’agit d’un territoire plat, sans élément ponctuel marquant dans le relief. C’est, au niveau de Nieppe/Armentières, que la densité de l’urbanisme nous annonce la périphérie de l’agglomération lilloise que l’on commence par la suite à percevoir (dans le sens Dunkerque-Lille).

 

Il y a longtemps, la forêt marécageuse occupait toute la plaine ; l’eau y stagnait au gré des crues des rivières et des becques. De ces époques, le paysage a gardé des marques dans ces terres aujourd’hui d’une extrême domesticité. Des réseaux de fossés furent implantés tandis que les habitations s’installaient le long de la Lys.

 

De part et d’autre de l’épine dorsale que constitue la Lys, axe urbain et de transit important, le territoire prend l’allure d’une nappe constellée de fermes. Tout cela concourt à former un paysage unique : une vaste étendue ponctuée par une multitude d’éléments (fermes, arbres…) d’où la ville ne s’éloigne jamais vraiment.

b- Les Monts de Flandre :

A cheval sur la frontière, une ligne de reliefs – Mont Kemmel, Mont Rouge, Mont de Boeschèpe, Mont Noir, Mont des Cats, Mont de Cassel, Monts des Recollets - témoigne d’une histoire géologique spécifique dans la région.

 

La chaîne des Monts de Flandre se dresse au sein d’un territoire ondulé où champs de houblon, bois, haies, fermes isolées et village forment une « campagne humanisée ».

 

Depuis les bas plateaux, ces monts constituent des points de repère importants, les boisements sommitaux ne faisant qu’accroître leur relative altitude. L’espace est structuré par la trame bocagère plus ou moins dense qui accompagne les versants.

c- Le Houtland :

C’est en superficie l’entité la plus représentative de la Flandre. Le pays des bois se présente comme un territoire légèrement ondulé, organisé par les fermes isolées et les restes de haies arbustives, parfois brise-vent.

 

Les boisements qui donnèrent son nom à ce territoire n’existent plus guère. En revanche de grands arbres isolés, en haies ou autour des fermes lui confèrent encore une ambiance quelque peu sylvestre. Les grands champs ouverts dominent cependant les paysages qui offrent donc des profondeurs de vue de plus en plus importantes à mesure que l’on quitte le haut pays pour se rapprocher de la plaine maritime.

 

Ce Pays est également habité ; les clochers ont une place importante dans le paysage de grande culture, qui viennent enrichir les multiples becques sillonnant la campagne.

Les éléments paysagers structurants

Au sein de ces entités paysagères, il existe un certain nombre de points forts, d’éléments structurants. Ces derniers correspondent bien souvent à des temps particulièrement marqués d’expression de la géographie locale. Rivières et reliefs sont par ailleurs majoritairement perpendiculaires à l’infrastructure autoroutière ce qui explique les sensations de seuils, de passages d’un paysage à l’autre, observées lorsque l’on emprunte notamment l’autoroute.

 

On peut noter :

*     Les grandes rivières : la Lys et l’Yser, leur traversée est très rapide et peu sensible visuellement, surtout pour l’Yser  dont la ripisylve est très modeste.

*     Les Monts : Mont de Lille, Mont des Cats, Mont Noir, Mont de Cassel, Mont des Récollets, ces reliefs sont en revanche très largement vu, cependant que chacun d’entre eux possède ces caractéristiques propres (boisement pour certains, ville de Cassel qui se devine, antenne du mont des Cats).

*     La forêt de Nieppe : qui provoque une coupure visuelle entre le secteur de la Lys et la Flandre intérieure

*     Les infrastructures : autoroute et ligne TGV

 

La présence de l’infrastructure A25 procure au pays un effet vitrine sur le patrimoine naturel et culturel du territoire. C’est pas ce biais, que l’on découvre les Flandres qui sont l’un des « terroirs » historiques fondamentaux de l’identité régionale (le Nord pouvant être sommairement décomposé en deux grands ensembles historiques Flandre et Hainaut). La traversée des Flandres par le cordon autoroutier permet par ailleurs une bonne découverte de certains aspects des paysages flamands.

 

Les différents éléments décrits ci-après reprennent les points d’accroche dominants des paysages.

Les beffrois :

Malgré les guerres et les invasions, la Flandre a conservé nombre de témoignages construits de son passé. Dès le fin du 13ème siècle, l’originalité de l’architecture gothique flamande se manifeste dans les édifices communaux, beffrois et hôtels de ville, élevés par les cités qui ont obtenu une charte urbaine garantissant leur indépendance. Symbole de la puissance communale, le beffroi se dresse dans le paysage, tel celui de Bailleul (reconstruit après la 1ère guerre mondiale). C’est d’ailleurs le beffroi (et le clocher) qui signent la silhouette urbaine de Bailleul telle que perçue depuis l’extérieur.

 

Les clochers :

Les clochers sont très présents dans le paysage flamand. On peut citer plus particulièrement ceux de Erquinghem, Steenwerck, La crèche (hameau de Bailleul), Bailleul, Merris, Flêtre, Eecke, Steenvoorde, Winnezeele, Herzeele.

 

Les Monts :

Les Monts de Flandre sont sans doute – entre Lille et Dunkerque – le secteur portant la plus forte fréquentation touristique et de loisirs. A la recherche de hauteurs où contempler le paysage, les promeneurs viennent nombreux profiter conjointement des patrimoines naturels et culturels existant sur et autour de ces éminences.

 

Les Monts de Flandre bénéficient par ailleurs d’un important effet de vitrine puisque l’autoroute les traverse et permet leur découverte visuelle.

Les plus connus et touristiques de ces points hauts sont le Mont Noir, le Mont des Cats et le Mont Cassel.

 

*     Le Mont Noir : 159 m, ce mont très boisé sur ses croupes accueille la maison de marguerite Youcenar et présente une dimension transfrontalière affirmée, ainsi que le parc départemental du Mont Noir. Sa masse boisée se confond avec les monts belges.

*     Le Mont des Cats : 164 m, repérable dans le paysage par son antenne radio, est le lieu privilégié des balades dominicales. Depuis l’abbaye, il offre un panorama intéressant sur la Flandre. Le Mont des Cats, très proche de l’autoroute, en est par conséquent très perceptible.

*     Le Mont Cassel : 176 m, il surprend par sa masse au sein de la plaine flamande ; il est en effet relativement isolé du reste de la chaîne des monts situé plus à l’est. La ville de Cassel, antique cité romaine bâtie sur les pentes du mont, attire de nombreux visiteurs. Bien que situé à une trentaine de kilomètre de la côte, il sert de point de repère aux marins. Depuis l’autoroute, le Mont Cassel et son voisin le Mont des récollets, se devinent au loin particulièrement dans le sens Dunkerque-Lille.

 

Les moulins :

Quelques moulins à vent ont été conservés et mis en valeur. Il s’agit de moulins tronconiques en briques ou de moulins sur pivot construis en bois.